Marostica devint «scaligère» suite à la conquête de Vicence par Cangrande della Scala en 1311. La domination scaligère traversa presque tous le XIVè siècle et prit fin en 1387. Avant-poste de frontière des Scaligères en lutte contre les Padouans, Marostica fut impliquée dans la guerre qui opposa les Padouans et les Scala entre 1312 et 1314 et au cours de laquelle le bourg de Marostica, qui nacquit et se développa à l'Est de l'actuelle ville fortifiée, autour de la paroisse de Sainte Marie, fut assailli et saccagé par les Padouans (le château fort situé sur le Pauso, lui, résista). Par la suite, en 1338, Marostica tomba sous la domination de Sicco de Caldonazzo mais seulement pour quelques mois puisqu'elle retomba ensuite entre les mains des Scaligères. Cependant, ces événements poussèrent certainement les Scaligères à repenser les fortifications de la ville et au cours du XIVè siècle ils la fortifièrent, donnant lieu à l'édification de la ville fortifiée que nous connaissons, avec ces deux châteaux, l'Inférieur et le Supérieur. Le Château Inférieur se présente dans son imposante structure comme une enceinte crénelée, quadrangulaire munie d'un haut donjon. Il a été en grande partie construit en utilisant la pierre locale, arénacée et calcaire. Au contraire, on n'utilisa que très peu les briques en terre cuite qui constituait un matériau plutôt coûteux. On observe deux ponts-levis, sur le fossé, sur les façades Nord et Sud. Au-dessus de l'entrée Sud il y avait une bretèche de construction récente. Les arcades intérieures, celles du rez-de-chaussée soutenues par de robustes piliers en briques ainsi que celles de l'étage. sont d'un intérêt remarquable. Notons en particulier que le Château Inférieur se transforma toujours plus de forteresse en édifice public, celui du podestat ou du recteur qui y habitait à l'époque vénitienne, administrant la justice civile et surveillant la bonne gestion de la communauté. C'est aussi au sein du Château Inférieur que se réunissait le Conseil des Trente, le conseil municipal de l'époque vénitienne. Depuis l'époque vénitienne jusqu'aux premières décennie du XXè siècle, le château a, en outre, abrité les prisons.
Grand espace ouvert délimité au Sud par le Château Inférieur, au nord par le Palais du Doglione et sur les côtés par des édifices et de longs portiques. L'ensemble de la place constitue un cadre splendide pour la célèbre partie d'échecs avec personnages vivants qui se déroule la deuxième semaine de septembre des années paires. À l'origine simple esplanade en terre battue puis avec le
«parterre civilement recouvert de pierres» à l'époque vénitienne (1404-1797), la place se présente désormais comme un grand espace surélevé, en pierre avec au centre le grand échiquier au Sud duquel on peut admirer les armoiries scaligères dallées en marbres marquetés. Cœur de la vie sociale et économique de la ville, la place est animée le mardi par le marché et elle conserve de nombreuses traces de l'allégeance de Marostica à la République de Venise (1404-1797): au Nord-Est il y a une colonne au sommet de laquelle trône le lion de Saint Marc et qui fut érigée en mémoire de la fidélité des habitants de Marostica à Venise au cours de la guerre de la Ligue de Cambrai (1508-1510). A l'Ouest se situe une autre colonne munie d'une hampe qui autrefois maintenait le drapeau de la Sérenissime et sur lequel flotte aujourd'hui le drapeau tricolore italien. En outre, on peut observer deux lions tournés vers la place et positionnés en bas-relief, l'un encastré dans la façade nord du Château Inférieur et l'autre sur la façade du Palais du Doglione. En revanche, la fontaine du XVè qui se trouvait jadis dans la partie septentrionale de la place a été démolie. Le puits en pierre blanche est aussi digne d’intérêt.
Appelé à l'époque vénitienne hancellerie ou Forteresse du Milieu, ce grand édifice est connu, à partir du XIXè siècle, sous le nom de Palais de la Loge ou Doglione. L'aspect actuel du bâtiment est le résultat d'une restructuration advenue entre 1928 et 1930 après la démolition de la structure d'origine. De forme rectangulaire, une tour crénelée enrichie d'une petite chambre des cloches et d'une méridienne originale et de bonne fabrication lui est adossé. Sous le gouvernement vénitien (1404-1797) le palais fut le siège de bureaux et d'institutions d'une grande importance pour la vie de la communauté: la Chancellerie communale et notariale, les archives de la Chambre des Notaires ( à l'époque vénitienne pas moins de 159 notaires passèrent actes de vente à Marostica), la salle des armes, et à partir de 1676, le Mont de Piété. Dans la seconde moitié du XIXè siècle le Doglione devint le siège de l'Association Agricole, celui des pompiers communaux, et, à partir de janvier 1893 c'est ici que les bureaux de la Banque Populaire de Marostica (fondée le 2 octobre 1892) commencèrent à opérer. Actuellement dans les deux étages au-dessus de la loge constituée par des arcs en plein cintre, se trouve le siège administratif ainsi que la direction de la Banque Populaire de Marostica. Dans la grande salle de réunion au premier étage du Doglione on peut admirer le Bon Gouvernement, une grande œuvre en panneaux de céramique faïencée de l'artiste Gigi Carron.
Cette église est recensée depuis 1383 et il s'agit donc d'un édifice religieux qui remonte à l'époque de la domination scaligère (1311-1385). L'église fut construite sur le site où se trouvait probablement un refuge pour les pèlerins.
A l'origine ce lieu saint présentait une structure modeste et à partir de 1440 les sources attestent la présence d'un petit convent de moines franciscains à proximité de l'église. Les moines y restèrent jusqu'en 1656, quand le convent fut supprimé parce que trop pauvre et sans revenu. Au XVIIè l'église et le couvent passèrent sous la direction de la Confrérie du Carmel. En 1730-1740 l'église fut restructurée et agrandie (comme en témoigne l'inscription sur la façade), prenant ses dimensions actuelles. Par la suite, et jusqu'à ce qu'elle soit promue «église paroissiale» en 1930, elle fut une «église succursale» qui dépendait de l'église archiprêtrale de Sainte Marie. Le clocher, d'un remarquable intérêt architectural, rappelle par sa structure la forme d'une tour. Avec une chambre des cloches dotée de fenêtres jumelées à cintre aigu, il est complété par une pointe de forme conique.
A salle unique, l'église conserve l’œuvre d'art la plus précieuse de la ville de Marostica : le retable plus connu sous le nom de Discours de Saint Paul à Athènes, à l’aréopage peint par Jacopo Dal Ponte (vers 1510-1592) dit Jacopo Bassano et par son fils Francesco en 1574. Les autels dont cette église est riche sont embellis par des antependia qui remontent aux XVIIè et XVIIIè siècles. L'antependium situé sur le devant de la table d'autel est riche en décorations qui se réfèrent au saint auquel l'autel est dédié, il est en pierre et gypse gravé ce qui constitue l'indice de la présence sur le territoire de maîtres gypseurs d'une grande habileté. On doit à Guiseppe Graziani (1699- après 1760) les fresques représentant la Gloire de Saint Antoine Abbé dans les trois parties du plafond de l'église. C'est le frère Felice Cignarioli ( 1727-1796) qui est l'auteur du retable (1768) qui représente la Déposition du Christ et Saints. Le tableau de Luca Martinelli datant de 1617 qui représente la Très Sainte trinité et Saints témoigne de la présence franciscaine sur le territoire. En effet, à droite et à gauche de la Trinité on peut admirer les saints suivants: Ludovic de Toulouse, Bonaventure et François ainsi que le pape Pie V.
Le cloître représente ce qui reste de l'ancien couvent. Il s'agit d'une structure simple qui s'étend sur deux côtés, c'est un cloître avec portique avec un petit jardin interne, un humble potager et peu de pièces aux dimensions modestes qui soulignent bien la simplicité et la parcimonie du mode de vie franciscain. Sous le portique du cloître on conserve quelques sculptures remontant au XVè siècle comme Saint Roch et Saint Sébastien ou encore les sculptures représentant Saint Bernardin de Sienne et Saint Joseph, Saint Pierre et Saint Paul
qui sont quant à elles des œuvres qui se trouvaient autrefois dans le presbytère de l'église de Saint Antoine Abbé. La pierre tombale qui rappelle la sépulture d'un riche médecin vénitien, Cornelio Bianchi et de sa femme Elisabetta est digne d’intérêt historique. Cette pierre tombale provient de la petite église de Saint Benoît, qui n'existe plus aujourd'hui, édifiée autour de la moitié du XVIè siècle sur les collines du même nom qui mènent à Bassano, par Cornelio Bianchi lui-même.
Elle remonte à l'année 1486 et elle a été construite par la confrérie du Très Saint Sacrement. Il s'agit d'un édifice simple à salle unique, oratoire classique qui est aujourd'hui utilisé pour des expositions. Sur la façade, Jacopo dal Ponte dit Jacopo Bassano (vers 1510 – 1592) peint en 1635 une fresque représentant le Miracle de l’ânesse accomplit par Saint Antoine de Padoue. De cette grande fresque, il ne reste que la lunette située au-dessus du portail d'entrée où est représenté Le Christ entre deux petits anges. A une époque, sur l'autel on trouvait une peinture sur bois de Bartolomeo Montagna qui représentait la Vierge Marie avec Saint Jean Baptiste d'un côté et Saint Antoine Abbé de l'autre. Aujourd'hui cette peinture a été remplacée par une statue de la Vierge en bois, de bonne fabrication.
Elle conduit à l'église des Carmes. C'est la montée de «notre humble Trinité des Monts...En cette année 1619 la conversation entre les trois façades a commencé: celle de Saint Antoine (1383 qui a changé d'aspect en 1730), celle de la Scoletta (1486) et celle des Carmes (1619): fruit de trois siècles et d'une seule et unique foi. Il en résulte une atmosphère de paix et de beauté qui se poursuit dans la verdure des potagers que l'on aperçoit à travers les murs des silencieuses rues Bordalocco et Rialto.» (Mario Consolaro). La montée des Carmes a été réalisée au XVIIè siècle afin d'obtenir, par rapport à l'Eglise des Carmes, un point de vue saisissant pour ceux qui pénètrent en ville par la Porte de Vicence.
Édifiée conformément à la volonté de la communauté entre août 1618 et août 1619 à la suite semble-t-il des exhortations du père Guiseppe de Faenza venu prêcher à Marostica en 1617. Sa construction fut rendue possible grâce aux dons des fidèles et aux donations de quelques citoyens de Marostica ardents et zélés. L'église des Carmes se situe dans la zone que les habitants de Marostica appellent «Les rues d'en haut» ("Le strade alte"), expression à travers laquelle ils mettent en évidence la position surélevée par rapport à la Place qui constitue le cœur de la ville. L'édifice présente une façade de style baroque, il est constitué d'une unique salle carrée et on doit les fresques du plafond à Giuseppe Graziani (1699- après 1760). Les deux antependia en bois gravé et gypse des deux autels situés sur la droite et sur la gauche (deuxième moitié du XVIIè siècle) revêtent un intérêt artistique remarquable. Le clocher à base quadrangulaire se termine par la chambres des cloches avec quatre monophores sur les côtés et une pointe octogonale.
C'est une colline qui revêt un grand intérêt archéologique grâce à la découverte de restes de l'époque romaine, parmi lesquels on remarque un disque votif que l'on peut dater entre le Ier siècle avant J:C et le Ier siècle après J.C. On peut donc supposer que la colline fut aussi un lieu de culte. La position du Pauso, entre la plaine et la zone collinaire, le met en directe relation avec la zone de passage des transhumance vers les pâturages des montagnes du Haut-Plateau des Sept Communes On peut donc en déduire que cette colline a été dès son origine un lieu très certainement fréquenté par les hommes. Autour de l'an mille, on trouvait déjà sur le sommet de la colline un fortin, structure défensive rudimentaire, qui se développa au cours des deux siècles suivants jusqu'à devenir une structure fortifiée puissante et robuste, en somme un véritable castrum (camp fortifié) doté d'une tour gironnée, d'un donjon ainsi que d'une tour. En d'autres termes, on peut dire que le Pauso abrita une structure fortifiée que l'on peut entendre comme le premier château de Marostica (avant même la naissance de la ville fortifiée scaligère). Cette structure joua un rôle déterminant du point de vue stratégique et politique au cours des luttes entre Vicence et les Ezzelini (de la fin du XIIè siècle à la mort de Ezzelino III de Romano survenue en 1259). Une source de 1262 nous confirme que le complexe fortifié situé sur le Pauso consistait en une structure entièrement murée dotée d'un édifice et d'une tour gironnée. Trois autres tours, selon cette source, dominaient les collines de Marostica: une, toujours sur le Pauso, une sur le Pausolino et la troisième sur le mont Agù. La forteresse du Pauso n'existe plus aujourd'hui et elle avait pour fonction de protéger la paroisse de Sainte Marie qui se trouvait à ses pieds ainsi que les habitants du faubourg situé en-dessous de la colline et que l'on peut définir la «Marostica» des origines. Le château du Pauso résista aux attaques des padouans au cours de la première guerre qui les opposa aux scaligères entre 1212 et 1214, au lendemain de l'établissement de la domination scaligère à Marostica (1211). Cette lutte fut caractérisée par la dévastation du faubourg sous-jacent. Aujourd'hui, au sommet de la colline, sur l'ancien site de la forteresse, se dresse une croix datant de la fin du XVIIè- début XVIIIè.
Le sentier monte à travers le poumon vert de la colline Pausolino, entre les buissons et les arbres, depuis les alentours immédiats de l'église des Carmes, il nous conduit vers le Château Supérieur. On doit le travail de remise en état et de restauration (pierre après pierre) de ce sentier à la Compagnie des Remparts (Compagnia delle Mura). C'est un travail qui comporta une activité intense et assidue durant de nombreuses années (dans les années 80 du siècle dernier) et qui aboutit à l'inauguration du sentier le 28 mai 1989. La Compagnie des Remparts est active depuis la fin 1978 et elle est officiellement devenue une association le 14 janvier 1983. Elle œuvre activement en faveur de la remise en état, du nettoyage, de la tutelle et de la mise en valeur du patrimoine architectural des remparts et des châteaux scaligères de Marostica. La Compagnie des Remparts conduit aussi d'importantes activités d'utilité générale en faveur de la ville.
Dressé sur le sommet de la colline Pausolino il fait écho au Château Inférieur et il domine la ville fortifiée. Construit sur la base d'une tour pré-existante dont on est informé à travers des documents du XIIIè siècle, le château remonte très probablement à la seigneurie de Cangrande II (1352-1359) qui fut un grand constructeur de structures défensives scaligères. À l'origine, cet ouvrage architectural avait une structure imposante, aujourd'hui en grande partie tombée en ruine, composée de quatre tours angulaires, un haut donjon dont il reste quelques portions de mur tout comme c'est le cas pour une bonne partie de l'enceinte du coté Sud. Les armoiries avec la représentation de l' «échelle» qui se trouvent encastrées sur la façade de la demi-lune de la porte d'entrée au château proprement dit et qui donne sur la plaine, constituent le témoignage à travers les siècles de la paternité scaligère de cette forteresse. Grâce à la restauration intervenue dans les années 1934-1936 le château a en outre récupéré la bretèche située au-dessus de la demi-lune d'entrée, sur la façade qui donne sur la place.
Arpalice Cuman Pertile, écrivaine et poète à la veine créative féconde, nait à Marostica le 12 mai 1876. En 1889 elle gagne un concours qui lui permet de recevoir une bourse d'étude au «Convitto Verona» (Pensionnat Vérone)où elle suivra les cours de l'École Normale d'Instituteurs et passera son diplôme en 1894. Elle continue ses études au Magistère Supérieur de Florence (Magistero Superiore di Firenze) sous la houlette de professeurs émérites tels que Enrico Nencioni et Severino Ferrari (élève de Giosuè Carducci). En 1898, première femme de Marostica, elle reçoit son diplôme de fin d'études universitaires. Elle commence tout de suite à enseigner, d'abord à Turin à l'«Institut des filles de militaires» et, l'année suivante, à Vicence où elle enseigne les lettres à l’École Normale d' Institutrices. En 1904 elle épouse Cristiano Pertile, enseignant de Lettres au lycée Pigafetta de Vicence. C'est ce dernier qui lui ouvre les portes du milieu culturel de la ville, alors très dynamique grâce à des personnages du calibre de Giacomo Zanella, Antonio Fogazzaro, Paolo Lioy et Fedele Lapertico.
Arpalice Cuman Pertile fut une conférencière appréciée et applaudie dans les écoles et les universités libres, ainsi qu'une auteure de littérature enfantine. Nombre de ses œuvres ont été adoptées dans les écoles, parmi les plus connues rappelons Fuori dal guscio (Hors de la carapace), Godi et impara (Profite et apprends), Primi voli (Premiers vols), Per le vie del mondo (Sur les routes du monde). Arpalice Cuman Pertile est aussi l'auteure de recueils de poésies, d’œuvres théâtrales et de romans parmi lesquels on compte Per i bimbi d'Italia (Aux enfants d'Italie), Ninetta e Tintirintin (Ninetta et Tintirintin), La Divina Commedia narrata ai piccoli d'Italia (La Divine Comédie racontée aux petits d'Italie), La commedia di Pinocchio (La Comédie de Pinocchio). L' enseignement d'Arpalice Cuman Pertile s'inspire de valeurs nobles telles que les idéaux de liberté, de justice, de paix et de fraternité entre les hommes. Fidèle à ses principes éthiques, quand la Grande Guerre éclate, elle et son mari se rangent dans les rangs des non interventionnistes ce qui leur vaut l'assignation à résidence surveillée, d'abord à Novare puis à Gênes. C'est en 1919 seulement qu'ils font retour à Vicence où ils recommencent tous deux à enseigner. Ce retour à la normalité est cependant de courte durée. En effet, avec la réforme de la fonction publique mise en place par Mussolini, Arpalice Cuman Pertile perd sa chaire d'enseignement et en 1929 tous ses livres sont retirés des écoles suite à l'entrée en vigueur du livre unique d'État. Mal vue par le régime elle se consacre à l'écriture et aux cours particuliers. Elle meurt à Marostica, dans sa maison du Cours Mazzini, le 30 mars 1958.
La ville de Marostica dédie deux événements à cette auteure: le Premio Nazionale Arpalice Cuman Pertile (annuel)- Récits, Poésie, Théâtre pour l'enfance et la pré-adolescence- institué en 1987 et Poésie in Canto (Poésies en chanson) (biennal). Cet événement, mis en place en 2001, reprend un projet auquel Arpalice Cuman Pertile tenait particulièrement: mettre en musique ses poésies en vue d'une interprétation chorale. C'est à trois compositeurs connus qu'est aujourd'hui confié l'arrangement musical de certaines poésies qui ont été signalées ou qui ont gagné le Prix National Arpalice Cuman Pertile dans les années précédentes. Une fois mises en musique ces poésies sont interprétées en concert par une chorale de jeunes gens. Ces mêmes poésies sont aussi interprétées par les élèves des classes de design de l'Institut G.De Fabbris de Nieve et parmi toutes les propositions on en choisit une qui est reproduite en verre et devient le symbole de cette manifestation culturelle.
Érigée par la communauté de Marostica en 1450 sur le lieu où se trouvait un édifice qui contenait une «catapulte» ( «mangano») (une sorte de machine de guerre servant à lancer des pierres ou du matériel incendiaire au cours des assauts). L'édification de cette église témoigne de la dévotion de la communauté de Marostica à la République Sérénissime de Venise. La façade de l'église est linéaire et au-dessus de celle-ci se trouve un clocher à double édicule. L'intérieur, à salle unique, abside en carré et voûtes d’arêtes, présentait à l'origine trois autels et il était enrichi par une toile, désormais disparue, qui représentait la «Circoncision du Christ» œuvre attribuée à G.B Verci et Jacopo Dal Ponte dit Jacopo Bassano (vers 1510 – 1592). Au cours de la domination vénitienne (1404-1797), le 25 avril de chaque année, jour de la fête de Saint Marc saint protecteur des notaires, l'église était la destination finale d'une procession solennelle à laquelle participait les notaires, le peuple, le clergé et le podestat lui-même. La cérémonie se concluait par la Sainte Messe dans la paroisse de Sainte Marie. L'église de Saint Marc tomba en ruine au cours des deux derniers siècles et elle cessa d’être un lieu de culte. Elle fut par la suite également utilisée comme caserne/dépôt de matériel par les pompiers du lieu. Restaurée entre 1988 et 1995 elle sert actuellement de salle polyvalente communale.
La construction de l'enceinte des fortifications (environ 1700-1800 m) qui entourent en une unité harmonieuse la colline Pausolino et la plaine située juste en-dessous, commença le 1er mars 1372 à l'époque de Cansignoro della Scala (1359-1375). Les fortifications, toutes crénelées et pourvues de chemins de ronde, sont entre-coupées de 24 petites tours sur trois desquelles ont été obtenues les trois robustes portes: la porte Vicentine, la Porte de Bassano et la porte de Breganza qui donnent respectivement sur le Sud, l'Est et l'Ouest et sont toutes pourvues d'une fortification à chambre, autrement nommée «demi-lune» (rivellino). Une autre porte, la porte de Tramontane, placée au Nord, a été taillée le long du dernier segment oriental de l'enceinte et elle donne accès à la route qui conduit à l'entrée proprement dite du Château Supérieur. Un fossé et des ponts-levis devant chaque porte contribuent à rendre la structure défensive de Marostica encore plus puissante. Cet aspect défensif était de première importance étant donné que Marostica était l'avant-poste scaligère aux frontières avec Bassano qui appartenait alors aux Carraresi, les seigneurs de Padoue. D'après les informations que nous recevons à travers la plume de Marin Sanudo, auteur vénitien du XVè siècle, la construction des fortifications impliqua un travail qui dura trois années et se conclut en 1375.
Ce savant passionné naît à Marostica en 1868 et meurt à Padoue le 11 août 1925. Élève à l'université de Padoue du grand Giovanni Marinelli, il suit son maître jusqu'à Florence où il complète sa préparation scientifique. En 1895 il est nommé professeur de Géographie à l’Institut Technique Royal de Gènes et trois ans plus tard il est chargé d'enseigner la Géographie Économique à l’École Supérieure de Commerce. En 1901 il obtient l’habilitation à l'enseignement universitaire de l'Université de Gênes à laquelle s'ajoutera plus tard l'enseignement de la Géographie à l'Université Bocconi de Milan. Son activité de recherches se développa toujours dans plusieurs domaines et elle fut caractérisée par son aspect protéiforme.
En effet, il a su en peu de temps faire évoluer avec désinvolture son activité de géographe depuis ses recherches sur le Haut-Plateau des Sept Communes, sur le fleuve Brenta ou encore sur les us et coutumes populaires du territoire de Vicence vus à travers ses yeux et sa culture, jusqu'aux réflexions sur la colonisation, sur le problème des frontières italiennes au sortir de la première Guerre Mondiale, en passant par les grandes questions migratoires. En effet, on peut mettre l'accent sur son engagement considérable en faveur des émigrants, à travers entre autre la publication de nombreux guides des territoires qui constituaient la destination de ces populations qui, nous le savons, à cette époque, quittaient la Vénétie fuyant la misère à la recherche de conditions de vie meilleures. C'est à ces émigrants que Frescura, peu connu du grand public mais très apprécié par ses pairs grâce à ses analyses des flux migratoires, consacra une grande partie de son engagement civil et culturel. Les problèmes concernant l'émigration l'amenèrent à voyager plusieurs fois en Amérique Latine et aux États-Unis afin de vérifier les conditions de vie effectives des populations émigrées et il finit par organiser une exposition intitulée «les Italiens à l'étranger» dans le cadre de l'Exposition Internationale de Milan.
En tant qu'expert en matière de frontières orientales italiennes, au terme de la première Guerre Mondiale, Frescura est convoqué par le gouvernement italien pour accompagner la délégation italienne conduite par le premier ministre de l'époque, Vittorio Emanuele Orlando ainsi que par le ministre des affaires étrangères Sidney Sonnino, à la conférence de paix de Versailles, le 18 janvier 1919. Sa tâche est alors celle d'illustrer le droit de l'Italie à ces terres qui lui avaient été promises dans le pacte de Londres du 26 avril 1915. Un mission prestigieuse qu'il accomplit avec passion et énergie et suite à laquelle il publie l'essai intitulé Les frontières de la nouvelle Italie et le problème de l'Adriatique dans lequel il affirme une nouvelle fois ce qui était sa ferme conviction: l'Italie avait un «droit naturel» d'établir sur l'Adriatique ses frontières stratégiques et économiques.
Déjà dans les documents de 1410, on parle de l’existence dans le faubourg de Panica d’une chapelle dédiée à Saint Roch, construite et administrée par la Confrérie de Saint Roch. Au début du XVIè siècle les pères dominicains s’y installèrent et ils y édifièrent le complexe du couvent.
Ils agrandirent aussi la chapelle qui devint une église à trois nefs et édifièrent le clocher qui fit l’objet de nombreuses interventions pour arriver à son aspect actuel, fort singulier puisqu’il s’agit d’un clocher qui se dresse sur le toit même de l’église. Les deux cloîtres de l’ensemble du couvent sont très intéressants. L’église possède pas moins de sept autels et les antependia en gypse de Natale Bianchi (1653-1729) sont d’un remarquable intérêt artistique. Notons aussi les autels de Saint Dominique et de l’ange Gardien (appelé aussi de la Mort de Saint Joseph) de Antonio Bianchi (XVIIè siècle). Le gouvernement vénitien supprima le couvent en 1770 et les pères dominicains quittèrent Marostica. Le 11 mai 1771 on transféra au sein du couvent l’hôpital de Marostica qui se trouvait dans le faubourg Giara.
Il s'agit d'un grand espace vert triangulaire et planté d'arbres qui se situe au nord-est de la Porte Bassano. A l'époque vénitienne on y effectuait les exercices militaires et le passage en revue des «cernide», les milices territoriales locales de la République Sérénissime. Des sources documentaires attestent de la présence d'un «palio», compétition de tir à la cible qui attirait une multitude de badauds. Le champs de Mars a toujours été et il est encore aujourd'hui le point de départ, la zone de halte et le point d'arrivée des transhumances de et pour l'alpage des Sept Communes. A l'occasion de la foire de Saint Siméon, le Champs de Mars accueille une importance exposition de bétail bovin.
Prospero Alpini nait à Marostica le 23 novembre 1553, médecin et botaniste de grande valeur, il demeura affectueusement attaché à sa ville natale au point d'ajouter «de Marostica» à son nom. Il termine ses études à la Faculté des Médecins et des Philosophes de l'Université de Padoue en 1578 et il commence à exercer la médecine dans la bourgade de Camposanpiero. Professeur de médecine à l'Université de Padoue, auteur d'essais de médecine et de botanique, en 1604 il est nommé préfet du Jardin Botanique de cette même Université. Au sein du Jardin Botanique Alpini eut un rôle fondamental surtout en ce qui concerne la diffusion et la culture de nombreuses espèces exotiques. Ainsi, sous sa direction le jardin devint un centre important d'études et de recherches. Alpini correspondit avec de nombreux savants de son époque, italiens et étrangers et il échangea avec eux des plantes et des semences. Ses recherches dans le domaine de la botanique avaient pour but de mieux connaître les propriétés pharmacologiques des plantes, elles étaient donc finalisées à la découverte de l'éventuel usage thérapeutique des plantes. Observateur attentif des phénomènes naturels, Alpini fut le précurseur de l'idée de reproduction sexuée chez les plantes grâce à ses observations (1592) sur la fécondation des palmiers dattiers de sexe féminin de la part des «particules» issues des inflorescence mâles. On doit à Prospero Alpini le genre «Alpinia» qui rappelle son nom.
Prospero Alpini est, aujourd'hui encore, connu au niveau international non seulement pour ses recherches significatives en matière de médecine et de botanique mais aussi pour avoir contribué à faire connaître à la République de Venise et donc à l'Europe toute entière, une boisson spéciale qui nous régale encore à l'heure actuelle: le café. En effet, en 1580 et 1584 à l'occasion de son voyage en Egypte alors qu'il y accompagnait le consul vénitien Giorgio Ermo, Alpini put classifier les espèces botaniques de l'ile de Crètes et d'Egypte. Il étudia aussi avec grand intérêt et grande attention la médecine égyptienne à travers laquelle il acquit des connaissances d'une grande importance pour sa profession et ses recherches. Ses observations sont recueillies dans de nombreuses œuvres dont certaines sont posthumes : De medicina Aegyptiorum (1591), De plantis Aegypti (1592), De plantis exoticis (1629) e Rerum Aegytiarum libri IV (1735). Dans le De plantis Aegypti (1592) il décrit et dessine pour la première fois la plante de café (Coffea arabica L.), il souligne aussi les emplois thérapeutiques de la boisson obtenue à partir des grains torréfiés. Dans les pages de la Médecine des Égyptiens il décrit la provenance de la plante de café, la préparation de la décoction et les pathologies contre lesquelles elle est utilisée. Une fois rentré en mère patrie il contribua à la diffusion de l'usage du Coffea Arabica et ce n'est d'ailleurs pas par hasard que les premières boutiques de vente de café en grains et de la boisson elle-même furent ouvertes justement à Venise dans les premières années du XVIIè siècle. Un ex-voto représentant une Vierge à l'enfant, précieux haut-relief en marbre attribué à l'école de Jacopo Sansovino, rappelle l'expérience de ce voyage en Égypte. C'est en effet Alpini qui le donna à l'Eglise Paroissiale de Saint Marie de Marostica. Prospero Alpini meurt à Padoue le 16 novembre 1616. Dans son testament il demanda d’être enterré dans la Basilique de Saint Antoine. Un portrait de lui jeune, peint en 1584 par Leandro Dal Ponte, fils de Jacopo, est aujourd'hui conservé à la Staatsgalerie de Stuttgart.
C’est le signe le plus ancien de la foi chrétienne sur le territoire de Marostica. Remontant très probablement au VIIIè siècle elle fut la paroisse du premier noyau habité de Marostica (le faubourg de Pieve-Giara) aux pieds du Pauso, à l’époque pré-romaine et romaine. Église Baptismale du territoire, la Paroisse de Sainte Marie était le centre de la diffusion du message évangélique: au XIIIè, c’était l’église archipresbytérale dont dépendait de nombreuses autres églises éparpillées sur le territoire et qui lui était affiliées. Déjà agrandie autour de 1450, l’église fit l’objet d’une intervention de reconstruction radicale et d’un agrandissement dans les dernières années du XVIIè (une inscription à l’intérieur du bâtiment indique l’endroit exact où arrivait la vieille église et le début de la partie nouvelle) sous l’impulsion de l’entreprenant Père Gaspare Ghirardelli. On consacra l’église en 1701. Grâce à cette intervention innovante la structure prit l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui, avec sa façade baroque.
Les trois portes avec leurs panneaux de bronze sont d’un très grand intérêt artistique: datant 1979-1985, elles racontent des épisodes bibliques et de la vie du Christ et elles sont l’œuvre de l’artiste originaire de Marostica Gigi Carron (1926-2006). Le clocher, érigé en 1711, fut embelli par un précieux cadran solaire et une horloge qui remonte à 1727 et que l’on doit à l’habileté du célèbre Bartolomeo Ferracina.
Les trois nefs datent de l’intervention de reconstruction de la fin du XVIIè. L’église possède pas moins de huit autels. Le Maitre-autel, en style baroque de l’école des Marinali (XVIIè siècle) était autrefois enrichi, selon GB Verci, d’une toile de Alessandro Maganza, aujourd’hui remplacée par une copie de l’Assomption de la Vierge du Titien, peinte par Giuseppe Fortunato Centazzo (XIXè siècle). Toujours dans l’abside, la toile d’Andrea Celesti (1637 environ-1711) représentant le Sacrifice de Melchisedech. est digne d’intérêt Les antependia des autels de Notre-Dame des Douleurs (Addolorata) et de la Sainte Vierge de Lourdes (Madonna di Lourdes)sont d’une remarquable qualité. On doit les fresques dans les trois compartiments du plafond à Bartolomeo Dusi (1833-1904), auteur aussi de la Transfiguration, situé sur la voûte de l’abside. Pietro Menegatti (1809-1848) est quant à lui l’auteur de la toile Christ au jardin alors que l’on doit à frère Felice Cignaroli le Baptême du Christ. Jadis placé à l’extérieur de l’église (côté nord), on retrouve aujourd’hui sur la paroi nord de la nef latérale de gauche le relief en marbre représentant la Vierge à l’enfant de l’école de Jacopo Sansovino. Ce relief est en réalité un ex-voto donné par Prospero Alpini (1553-1616) en remerciement pour le retour de son voyage en Egypte.
Le complexe monastique de Saint Gothard remonte à 1470. L'église et le monastère furent dirigés pendant des siècles par les sœurs Augustines jusqu'à la suppression de l'ordre à l'époque napoléonienne, précisément en 1810. Actuellement les traces de cet ancien monastère se réduisent à quelques ruines: une modeste portion du monastère proprement dit (aujourd'hui habitation privée) et l'église qui lui était accostée (aujourd'hui siège de bureaux).
Aujourd'hui en ruines, l'église et le convent des Saints Fabien et Sébastien dominent sur Bocca di Valle depuis les pentes du Pauso. Ce site abrita un premier habitat bénédictin dont les premières traces remontent à 1259. Par la suite c'est aux Frères Mineurs Observant que l'on doit la refondation religieuse du site, autour de 1483-86. On consacra l'église en 1494. Le complexe, à l'origine de dimensions modestes, fut successivement agrandi. Les deux cloîtres avec portiques à voûtes d’arêtes remontent à 1640-45. On agrandit ensuite la partie Sud et l'église, le clocher quant à lui fut surélevée. Au cours du XVIIIè l'église, qui était constituée de deux nefs, fut agrandie au nord par une autre chapelle, ce qui porta les autels au nombre de huit. Après la suppression du convent de la part de Napoléon (1810), l'église tomba progressivement en ruine ( il ne reste plus aujourd'hui que quelques traces de l'abside avec portée en ogive), les cloîtres, et le clocher qui s'écroula en 1936 après avoir été frappé par la foudre subirent le même sort. Les nombreuses œuvres d'art (parmi lesquelles on compte celle de Jacopo Dal Ponte dit Jacoppo Bassano (1510 environ- 1592) et celle de Felice Cignaroli) qui embellissaient le complexe monastique tombèrent elles aussi en ruine. De celles-ci il ne reste aujourd'hui que quelques lambeaux représentant des épisodes bibliques ainsi que des épisodes de la vie de Saint François dans les lunettes situées sous le portique des deux cotés restants du cloître.
La manufacture «Opificio» construite en 1910 par l'entreprise de Pietro Chiurato appartient au patrimoine de l'archéologie industirelle vicentine. Il s'agit de l'une des trente usines de chapeaux de paille qui étaient autrefois en activité à Marostica. Aujourd'hui c'est le seul édifice qui témoigne encore de cette étape importante de l'histoire de Marostica.
La production de tresses de paille pour les chapelleries fut, à la fin du 18ème siècle, l'une des plus importante activité économique des zones rurales du Haut Vicentin qui s'étend sur les communes de Breganze, Marostica, Lusiana, et Conco. À cette époque, la demande en chapeaux augmenta de façon significative ce qui détermina une conséquente augmentation de la main d’œuvre pour chaque étape de la production: des semailles du blé pour en obtenir les «chaumes», au triage par dimensions, du tressage à la teinture jusqu'au confectionnement. Un enquête de 1885 nous révèle qu' environ 15.000 personnes dans le Haut Vicentin étaient occupées dans le secteur de la paille.
C'était les femmes et les enfants de condition modeste qui tressaient la paille. Les tresses étaient ensuite vendues au marché de Marostica le mardi ou bien directement aux acheteurs qui se rendaient de fermes en fermes. Elles étaient ensuite cousues dans les usines situées à l'intérieur des fortifications, dans les faubourgs Panica et Giara au hameau de Vallonara. La production de chapeaux à Marostica devint bientôt le symbole même de la ville avec une exportation annuelle de plus d'un million de pièces dans toute l'Europe et aux États-Unis.
Autour de 1940 beaucoup d'usines fermèrent pour différentes raisons: la Première Guerre Mondiale, la crise économique de 1929, la concurrence des produits chinois et japonais et les aléas de la mode bien entendu. On continua cependant à produire des chapeaux jusqu'en 1970, mais à plus petite échelle.